Catégorie : Soins de support

  • L’APA, une aide pour reprendre le mouvement après le cancer

    L’APA, une aide pour reprendre le mouvement après le cancer

    Vous êtes épuisé·e. Votre corps a encaissé des mois de traitements lourds. Et on vous dit qu’il faudrait faire du sport.

    C’est peut-être la dernière chose que vous avez envie d’entendre. Et pourtant, c’est l’une des plus importantes que vous puissiez faire pour vous, maintenant.

    Pas pour retrouver votre silhouette d’avant. Pas pour “reprendre une vie normale”. Mais parce que le mouvement, pratiqué régulièrement, est aujourd’hui l’un des outils les mieux documentés pour réduire la fatigue post-traitement, améliorer le moral, et diminuer le risque que la maladie revienne.

    Le paradoxe de la fatigue après le cancer, c’est que le repos aggrave souvent les choses. Ce n’est pas votre corps qui vous trahit. C’est qu’il a besoin d’être remis en mouvement, doucement, intelligemment, et si possible avec quelqu’un qui sait comment faire.

    L’APA, c’est quoi exactement ?

    L’activité physique adaptée (APA) est une pratique physique conçue spécifiquement pour les personnes qui ont des besoins de santé particuliers.

    Ce n’est pas de la gym classique. Ce n’est pas du sport de performance.

    C’est un accompagnement individualisé, encadré par un professionnel formé, qui tient compte de votre état réel : vos séquelles, votre fatigue, vos douleurs éventuelles, votre niveau de départ.

    Un enseignant en APA, titulaire d’une licence STAPS mention activité physique adaptée, connaît les effets des chimiothérapies sur les muscles et les articulations, les précautions à prendre après une chirurgie, les signes qui doivent faire ralentir. Ce n’est pas un coach sportif. C’est un professionnel de santé du mouvement.

    Concrètement, une séance peut ressembler à de la marche nordique, du vélo doux, des exercices de renforcement musculaire très progressifs, du yoga adapté ou des étirements. Elle peut se dérouler en salle, en extérieur, en groupe ou individuellement. Le point commun : tout est calibré pour vous faire du bien sans vous épuiser.

    Ce que dit la science

    Les preuves scientifiques s’accumulent depuis plus de vingt ans.

    L’APA agit sur les effets secondaires du cancer et de ses traitements de façon remarquable.

    La fatigue post-traitement, cet épuisement profond, différent d’une simple fatigue, qui ne cède pas avec le repos, est l’un des effets les mieux documentés. L’activité physique régulière est aujourd’hui reconnue comme le traitement le plus efficace contre elle. Bouger envoie au corps le signal qu’il peut récupérer.

    La fonte musculaire liée aux traitements se corrige progressivement avec un travail de renforcement doux. Vos muscles ont une mémoire. Ils répondent.

    Les douleurs articulaires, fréquentes notamment avec l’hormonothérapie, sont atténuées par le mouvement régulier, qui lubrifie les articulations et réduit l’inflammation.

    Le sommeil se régule.

    L’anxiété et la dépression post-traitement diminuent.

    Le risque de récidive, et c’est peut-être le plus important, est significativement réduit par la pratique régulière. Pour certains cancers comme le sein ou le côlon, les études montrent une réduction du risque allant jusqu’à 40 à 49 %.

    Ce que montrent aussi ces études : l’encadrement fait toute la différence. Une activité pratiquée seul·e, sans bilan préalable, donne des résultats bien moindres qu’un programme personnalisé suivi avec un professionnel. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de méthode.

    Par où commencer ?

    Étape 1 : obtenir le feu vert médical

    Commencez par en parler à votre médecin traitant ou à votre oncologue pour obtenir un certificat médical de non-contre-indication à la pratique de l’APA. C’est le sésame qui ouvre toutes les portes.

    Dans le cadre du sport sur ordonnance pour les personnes en ALD, certaines structures sont partiellement financées par les Agences Régionales de Santé ou prises en charge par votre mutuelle, pensez à vérifier votre contrat.

    Étape 2 : trouver un professionnel qualifié

    La meilleure façon de trouver un professionnel près de chez vous, ce sont les maisons sport-santé. Il en existe aujourd’hui plus de 550 sur le territoire français. Elles font office de guichet unique : bilan de votre condition physique, orientation vers le bon programme, mise en contact avec des enseignants formés. Vous pouvez les localiser sur maison-sport-sante.fr.

    Deux associations proposent également des programmes spécifiques après cancer, accessibles dans de nombreuses villes :

    • CAMI Sport & Cancer, qui a développé un modèle d’accompagnement en trois étapes incluant l’après-cancer
    • Siel Bleu, qui intervient auprès des personnes fragilisées par la maladie

    En attendant : commencez par marcher

    Si vous n’avez pas encore accès à un encadrement, voici ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui : marcher. Pas l’objectif des 10 000 pas. Juste sortir vingt minutes, à votre rythme, sans vous juger.

    La marche est l’activité la plus accessible, la mieux tolérée, et l’une des plus efficaces pour relancer l’énergie. C’est un bon point de départ.

    “Mais je suis épuisé·e, comment je pourrais faire du sport ?”

    C’est la question que se posent la plupart des personnes qui découvrent l’APA. Et c’est tout à fait légitime.

    Que vous n’ayez jamais vraiment fait de sport, ou que les traitements vous aient vidé·e de toute énergie, la réponse est la même : on commence là où vous en êtes.

    Dix minutes de marche. Des exercices assis. Une séance de respiration et d’étirements. L’APA, c’est précisément cela, partir de votre point de départ réel, pas d’un idéal imaginaire.

    Le ou la professionnel·le qui vous accompagne sait que votre corps a traversé quelque chose d’éprouvant. Il ou elle construit avec vous, pas contre vous. Et si un jour vous êtes trop fatigué·e pour faire la séance prévue, ce n’est pas un échec. C’est une information. Un bon enseignant en APA ajuste le programme en fonction de comment vous allez ce jour-là, pas de comment vous étiez censé·e aller.

    Et très vite, souvent en quelques semaines, les personnes qui se lancent rapportent la même chose : “Je pensais que ça m’épuiserait encore plus. En fait, j’ai plus d’énergie.”

    Ce que l’APA change vraiment

    Ce que beaucoup de personnes rapportent après avoir commencé l’APA ne concerne pas uniquement leur corps. Elles parlent d’un regain de confiance en elles. D’un corps qui redevient allié plutôt qu’ennemi.

    Pendant les traitements, votre corps a été le terrain d’une bataille que vous n’aviez pas choisie. Reprendre le mouvement, c’est une façon de renouer avec lui différemment. De lui dire : je m’occupe de toi maintenant.

    C’est aussi, très souvent, l’occasion de rencontrer d’autres personnes qui traversent la même période. Les groupes d’APA après cancer sont des espaces où l’on n’a pas besoin d’expliquer ce qu’on vit. Tout le monde le sait déjà.

    Ce que vous pouvez faire aujourd’hui

    1. Sortir marcher 15 minutes, maintenant ou aujourd’hui. À votre rythme, sans objectif. Juste pour dire à votre corps qu’il peut bouger.
    2. Demander un certificat médical de non-contre-indication à l’APA lors de votre prochain rendez-vous médical.
    3. Chercher la maison sport-santé la plus proche de chez vous sur maison-sport-sante.fr.
    4. Contacter la CAMI Sport & Cancer ou Siel Bleu pour savoir si des professionnels interviennent près de chez vous.

    Et si vous attendez que l’envie soit là pour commencer, sachez qu’elle vient rarement avant. Elle vient pendant. Après la première séance, ou la deuxième. Quand le corps commence à intégrer le mouvement.

    Sources : Association Francophone pour les Soins Oncologiques de Support (AFSOS) 2024, Briggs et al. 2024, Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, ONCORIF.

  • Soins de support après les traitements

    Soins de support après les traitements

    Vous avez fini les traitements. Et personne ne vous a dit ce qui vient ensuite.

    C’est souvent là que commence la période la plus difficile, celle dont personne ne parle vraiment.

    Pendant des mois, vous aviez un protocole, une équipe, des rendez-vous. Un cadre. Et puis un jour, on vous dit que c’est fini. On se revoit dans six mois.

    Et vous vous retrouvez seul, debout, avec un corps que vous ne reconnaissez pas tout à fait, une tête qui n’a pas suivi, et l’entourage qui attend que vous repreniez votre vie d’avant comme si rien ne s’était passé.

    Ce que vous vivez a un nom. Et vous n’êtes pas seul à le vivre.

    Selon une enquête nationale, plus d’une personne sur deux déclare avoir vécu de profonds bouleversements après l’arrêt des traitements. Un tiers dit même que cette période a été plus difficile à traverser que la maladie elle-même. Et pourtant, c’est la période dont on parle le moins.

    De la rémission à la santé : ce n’est pas la même chose

    La rémission, c’est l’absence de maladie détectable. C’est une victoire, absolument. Mais ce n’est pas la santé. La santé, c’est autre chose. C’est un équilibre vivant, qui se construit, qui se choisit, qui s’entretient.

    Le corps médical a fait son travail. Il a traité la maladie avec les outils qui sont les siens. Ce travail est précieux et souvent remarquable. Mais il s’arrête là. Ce qui vient ensuite vous appartient.

    Reprendre sa santé en main ne signifie pas rejeter la médecine. Cela signifie comprendre que vous êtes l’acteur principal de votre reconstruction. Que personne d’autre que vous ne connaît ce que votre corps ressent, ce dont votre esprit a besoin, ce qui vous fait du bien. Et que pour passer de “je suis en rémission” à “je me sens vivant”, il existe bien plus de chemins que ceux qu’on vous a montrés jusqu’ici.

    C’est exactement l’objet des soins de support et de mieux-être.

    Ce que sont vraiment les soins de support

    Les soins de support ne sont pas des soins alternatifs. Ce ne sont pas non plus des soins de confort réservés à ceux qui ont le temps ou les moyens. Ce sont des soins complémentaires aux traitements médicaux, reconnus comme nécessaires, qui prennent en charge tout ce que la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie ne traitent pas directement.

    La fatigue qui persiste des mois après. Les douleurs qui restent. Le sommeil qui ne revient pas. La confiance en son corps qui s’est effilochée. L’anxiété que quelque chose revienne. L’impression de ne plus se reconnaître dans le miroir. La difficulté à reprendre le travail, une relation, une vie sociale.

    Tout cela est réel. Tout cela mérite une réponse. Et des réponses existent.

    Ce que vous pouvez demander, et que beaucoup ignorent

    Il y a d’abord ce que l’on appelle le panier de soins de support, un ensemble de soins reconnus officiellement et remboursés par l’Assurance maladie. Beaucoup de personnes passent à côté simplement parce qu’on ne le leur a pas dit clairement.

    Ce panier inclut le soutien psychologique, avec des psychologues spécialisés en oncologie, pour vous et pour vos proches.

    La prise en charge de la douleur, quand elle est là et qu’on fait semblant de ne pas la voir.

    L’accompagnement diététique, parce que les traitements bouleversent souvent le rapport à la nourriture et au corps.

    La kinésithérapie, indispensable après certaines chirurgies ou pour traiter les séquelles physiques.

    L’activité physique adaptée, encadrée par des professionnels formés, qui est aujourd’hui l’un des soins les mieux documentés pour réduire la fatigue et l’anxiété post-traitement.

    Le soutien social et à la réinsertion professionnelle.

    L’accompagnement des troubles de la sexualité.

    Les soins de socio-esthétique pour apprivoiser un corps transformé.

    Ces soins existent. Vous pouvez les demander à votre médecin, à votre oncologue, ou vous pouvez aussi vous renseigner auprès de votre hôpital.

    Mais ce panier n’est qu’une porte d’entrée. Pas le seul chemin.

    Et si ce dont vous avez besoin est ailleurs ?

    Il existe un monde entier de pratiques qui n’ont pas de place dans les couloirs des hôpitaux, non pas parce qu’elles ne fonctionnent pas, mais parce qu’elles n’ont pas été étudiées avec les mêmes outils que les médicaments. Or l’absence de preuve scientifique n’est pas la preuve de l’absence d’effet. C’est simplement l’absence d’étude, souvent faute de financement, rarement faute de résultats.

    Des centaines de personnes après un cancer témoignent de ce que leur a apporté une séance de réflexologie pour retrouver un sommeil digne de ce nom.

    De ce que le reiki a changé dans leur rapport à leur corps, à leur énergie, à leur calme intérieur.

    De comment la médecine traditionnelle chinoise, avec l’acupuncture, les plantes, le qi gong, leur a permis de retrouver un équilibre que les traitements avaient mis à rude épreuve.

    De comment la fasciathérapie a relâché des tensions physiques et émotionnelles enfouies depuis des mois.

    De comment l’hypnose a dénoué une anxiété de récidive qui les paralysait.

    Ces témoignages ne prouvent pas que ces pratiques fonctionneront pour vous. Rien ne peut vous le garantir à l’avance. Mais ils disent quelque chose d’important : chaque personne est différente, chaque corps a ses propres réponses, et la reconstruction après le cancer n’a pas de mode d’emploi universel.

    C’est pour ça que cette page existe. Pour vous présenter ces pratiques honnêtement, sans idéalisation ni rejet, pour que vous puissiez vous dire : ça, ça me ressemble. Ça, ça pourrait me faire du bien. J’ai envie d’essayer ça.

    Vous n’avez pas à savoir par où commencer

    Vous n’avez pas à avoir un plan. Vous n’avez pas à aller bien immédiatement, ni à guérir de la bonne façon.

    Ce que vous avez traversé est une expérience fondatrice, souvent dévastatrice, parfois aussi transformatrice.

    Beaucoup de personnes disent qu’elles auraient préféré ne pas traverser cela, mais qu’elles ne seraient pas qui elles sont sans l’avoir traversé. Cette ambivalence est normale.

    Prendre soin de vous maintenant, c’est reconnaître que cette expérience mérite une réponse à sa hauteur. Pas juste des rendez-vous de surveillance. Une vraie reconstruction, à votre rythme, avec des outils et des pratiques qui vous correspondent.

    Parcourez les articles de ce site. Laissez-vous attirer par ce qui résonne. C’est souvent le meilleur point de départ.